Journée internationale des migrants

           

Par Shirley Torres

Le 4 décembre 2000, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 18 décembre comme étant la Journée internationale des migrants. Cette journée est dédiée à tous les travailleurs dans le monde qui ont quitté leur pays pour plusieurs raisons, mais surtout pour des raisons économiques. Ces travailleurs étaient prêts à déménager n’importe où dans le monde afin de toucher un meilleur salaire et ainsi subvenir aux besoins de leurs proches. Ils ont accepté de se sacrifier et d’être séparés de leur famille et vivre loin d’elle dans l’espoir d’un avenir meilleur et plus prometteur. Cependant, est-ce qu’un avenir meilleur et plus prometteur les attend vraiment?

Ils sont les travailleurs migrants. Ils font face à beaucoup de difficultés, de sacrifices et de défis. La plupart du temps, ils se retrouvent dans un pays qu’ils connaissent très peu ou pas du tout. Ils finissent immergés dans une culture totalement différente de la leur et ils doivent mettre beaucoup de temps et d’efforts avant de réussir à s’adapter. Il y a souvent une barrière linguistique entraînant des malentendus et une mauvaise communication et pouvant causer d’emblée des tensions et du stress.

Les travailleurs migrants sont très vulnérables, car ils ne connaissent pas les lois du travail locales qui protègent leurs droits en tant que travailleurs. Certains employeurs profitent de cette situation pour baisser les salaires, limiter l’accès aux prestations de maladie ou aux services de santé, les exploiter et faire preuve de violence physique, sexuelle ou psychologique à leur égard.

Au Canada, les travailleurs migrants travaillent principalement dans le secteur des services. Bien qu’ils puissent vivre et travailler légalement au Canada, un financement limité leur est offert pour qu’ils aient accès à des services leur permettant d’intégrer plus efficacement la collectivité (comme des cours d’anglais gratuits et des mesures de soutien à l’établissement).

La question des migrants me tient à cœur, parce que je viens d’un pays en développement où beaucoup de personnes quittent leur foyer, leur famille et leurs proches en raison de la pauvreté, pour vivre dans n’importe quelle partie du monde qui peut leur offrir de meilleurs moyens et de meilleures ressources pour subvenir à leurs besoins. Il est très triste que certaines personnes, au lieu d’atteindre leur but, aient fait face à des épreuves et à des sacrifices qui ont fini en tragédie parce qu’on a profité d’elles et qu’on les a exploitées.

Aujourd’hui, je rends hommage aux millions de migrants dans le monde pour leur courage, leurs sacrifices et, bien sûr, leur précieuse contribution à leur collectivité, à leur société, à leurs pays et au monde.

Je voudrais rendre hommage d’une manière particulière à une épouse, une mère et une fille – une travailleuse migrante – et j’aimerais que l’on se souvienne d’elle. Je lui dédie cette journée. Permettez-moi de raconter son histoire.

Flor Contemplacion était une aide-ménagère philippine de 42 ans qui a été condamnée par le tribunal de Singapour pour avoir tué, le 4 mai 1991, une autre aide-ménagère philippine et un enfant singapourien de trois ans, qui était le fils de son employeur. Elle a avoué les meurtres, mais il a été déclaré par la suite qu’elle avait été forcée de faire ces aveux.

Elle a été exécutée par pendaison en mars 1995.

Cliquez ici pour lire son histoire déchirante (en anglais seulement).

Cela fait 21 ans que cette tragédie a eu lieu, mais il y a encore des histoires semblables à raconter. Travaillons tous ensemble pour assurer la protection des droits et de la dignité des migrants en mettant fin à la discrimination faite à leur égard. Sensibilisons également les gens à leurs précieuses contributions.

Shirley Torres est la représentante régionale aux droits de la personne du SEN pour la Colombie-Britannique et le Yukon.

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