6 décembre : Journée mondiale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes

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Ça n’a pas été facile pour moi d’écrire le présent article. Je ne savais pas exactement comment aborder la question de la violence faite aux femmes de façon à écrire un article pertinent pour le lecteur et significatif pour moi. Durant ma séance de remue-méninges, je pensais sans arrêt aux 14 femmes assassinées le 6 décembre 1989 seulement parce qu’elles étaient des femmes. Les images évoquées par le souvenir de ce jour horrible m’ont touchée droit au cœur et ne me quittaient plus; j’y pensais sans arrêt.

C’est durant une conversation anodine avec l’une de mes plus proches et chères amies que j’ai trouvé l’idée que je cherchais, celle qui m’a aiguillée dans la bonne direction et qui m’a rappelé l’ampleur et la gravité de la violence faite aux femmes et le fait que certaines restent encore et toujours prisonnières de cette réalité – de ce cercle vicieux. Lorsqu’on y réfléchit bien, nous connaissons tous, de près ou de loin, une personne qui a été victime de violence. Tandis que j’écoutais et que j’étais témoin de l’expérience d’une survivante de violence conjugale, je me suis rappelé qu’il s’agissait d’un cercle vicieux perpétuel. Je me suis aussi rendu compte que ce n’était pas la première fois que j’entendais de telles histoires de violence et de triomphe. L’importance d’être là, d’écouter et d’offrir un soutien est essentielle au réseau de soutien des victimes.

(Merci, Stacy, de m’avoir aidée à comprendre la voie que je devais emprunter pour trouver l’inspiration d’écrire le présent article.)

Selon Condition féminine Canada, voici les faits :

FAIT : Les femmes sont 11 fois plus susceptibles que les hommes d’être victimes d’agression sexuelle.
FAIT : Les femmes sont quatre fois plus susceptibles que les hommes d’être victimes de violence infligée par un partenaire intime.
FAIT : Les femmes handicapées sont quatre fois plus susceptibles d’être victime d’agression sexuelle.
FAIT : Selon la GRC, près de 1 200 femmes et filles autochtones sont disparues ou ont été assassinées au Canada.
FAIT : Les femmes de 15 à 24 ans sont les plus touchées par la violence.
FAIT : Depuis 1980, on a observé une diminution générale du nombre d’homicides contre les femmes, sauf chez les Autochtones, où ce nombre est resté relativement constant.
FAIT : huit fois sur dix, les victimes de violence entre partenaires intimes sont des femmes.
FAIT : les données donnent à penser que le quart des étudiantes seraient victimes d’agression sexuelle et de tentative d’agression sexuelle. En outre, 90 % d’entre elles connaîtraient leur agresseur.
FAIT : les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes d’être victimes de harcèlement criminel.
FAIT : Les femmes autochtones sont trois fois plus susceptibles de déclarer avoir été victimes de violence que les femmes non autochtones.
FAIT : Les femmes autochtones sont surreprésentées parmi les femmes assassinées au Canada; 16 % de ces dernières sont autochtones, bien que les femmes autochtones comptent pour à peine 4 % de la population féminine du pays.
FAIT : Comparativement à leurs pairs masculins, les adolescentes âgées de 12 à 17 ans risquent huit fois plus d’être victimes d’un délit à caractère sexuel.
FAIT : 90 % des agressions sexuelles non conjugales contre les femmes ne sont jamais signalées à la police.
FAIT : trois fois sur quatre, les femmes connaissent leur agresseur.

Ces faits parlent d’eux-mêmes : les femmes sont des cibles simplement en raison de leur sexe. Par conséquent, durant cette Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes au Canada, je vous encourage vivement à reconnaître, sans orgueil ni préjudice, en tant que particulier et membre de la société, que la violence fondée sur le sexe n’est pas seulement le problème des femmes : c’est le problème de tout le monde. En faire fi et le balayer sous le tapis n’est plus une option ni une solution.

Nous devons plutôt faire face à la situation… faire face aux FAITS directement.

Nous pouvons éliminer cette tumeur maligne qui nous affecte et engendrer une société où le respect des femmes deviendra la norme plutôt que l’exception. C’est à nous de créer des espaces où les victimes se sentent libres d’exprimer leur expérience et de fournir un soutien là où il est requis afin de faciliter la guérison de toutes les victimes d’actes de violence fondés sur le sexe.

Pour terminer, j’aimerais partager avec vous ce poème…

Victimes

VICTIME, chacune d’entre nous
D’une façon ou d’une autre – Victime
Cible consciente qui s’ignore d’un quelconque crime contre
l’humanité – Victime

VICTIME, chacune d’entre nous
Grièvement malmenée et exposée à l’un quelconque des maux de la société
Disséquée et rejetée, prête à venir engraisser la fosse commune de
l’humanité – Victime

VICTIME, chacune d’entre nous
Dépouillée et dévastée, je tombe, je défaille, m’efforçant de – donnez-moi
juste une autre chance, allez, donnez-moi juste une autre chance, je suis prête pour
une autre option que celle de – Victime

VICTIME, chacune d’entre nous
Cherche désespérément un ailleurs, n’importe où, sauf entre le marteau et la plus dure
enclume
Rendue complètement inapte, incapable de respirer, broyée par la vie
immobile, comateuse, en état de mort apparente – Victime

VICTIME, chacune d’entre nous

Hayley Millington est la représentante nationale de l’équité pour les femmes du SEN.

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