Jour de deuil national – Une commémoration pleine de dignité

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Par Kevin King

Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’assister au congrès annuel du SEN à Toronto, où j’ai eu l’occasion de renouer et de créer des amitiés. Nous avons parlé de questions qui nous tiennent à cœur et, fait plus important encore, des membres que nous représentons.

Nombre d’activités s’offraient à nous près du lieu du congrès, l’hôtel Royal York dans la rue Front, et délégués et invités ont tiré parti des installations et des nombreux endroits avoisinants.

Le premier jour du congrès, je suis sorti seul me promener dans la rue Front et, environ trois pâtés de maisons plus loin, je suis arrivé devant un monument à la mémoire des travailleuses et travailleurs décédés en milieu de travail en Ontario, entre 1900 et 1999.

L’hommage intitulé Monument dédié aux travailleurs blessés de la CSPAAT au Parc Simcoe, est situé en face du Palais de congrès du Toronto métropolitain, près de l’avenue Spadina.

Ce monument est constitué de deux œuvres distinctes. La première s’intitule 100 Workers et consiste en deux longs murs bas faits de granit rouge poli. Sur le dessus des murs se trouvent 100 plaques de bronze et sur chacune d’elle est gravé le nom d’un travailleur qui est mort dans un accident de travail. Sur chacune des plaques de la période entre 1901 à 1999, un nom de travailleur est gravé; la plaque de l’année 2000 est restée vierge.

Le deuxième élément de ce monument s’intitule The Anonymity of Prevention. Il s’agit d’une sculpture de bronze représentant un homme habillé en travailleur et portant un équipement complet de protection, à demi agenouillé, en train de buriner le mur des 100 Workers.

Je ne pouvais m’empêcher de contempler ce magnifique ouvrage en pierre qui fait état du nom des travailleurs, de l’endroit où ils ont travaillé et de la façon dont ils sont morts au travail.

Ces travailleurs avaient une famille, et je suis convaincu qu’ils s’attendaient à rentrer à la maison pour la rejoindre après chaque journée de travail. Je regrette de ne pas avoir partagé avec l’ensemble des délégués au Congrès cette découverte, à trois pâtés de maisons de la salle de conférences, et je me suis senti un peu coupable de ne pas avoir proposé l’occasion de marquer notre visite avec une procession solennelle et une commémoration empreinte de dignité.

Faisons preuve de compassion et reconnaissons désormais le 28 avril comme le Jour de deuil national pour les travailleuses et travailleurs tués ou blessés en milieu de travail, et raffermissons, en tant que syndicalistes, notre engagement à mettre nos milieux de travail à l’abri de tout danger ou de toute maladie professionnels.

Pour voir plus de photos de l’hommage, veuillez cliquez ici.

Respectueusement,

Kevin King
Vice-président exécutif national
Syndicat des employées et employés nationaux, AFPC

Un commentaire

  1. Géraldine Fortin

    J’ai moi même assisté à un cortège avec des tombes noirs symboliques pour souligner cette journée lors de l’une de mes présences de réunion à Ottawa et nous nous sommes arrêtés à un monument rendant hommage aux femmes battues. Cette journée là j’ai pleuré, intérieurement bien sûr, car ma pensée était profonde. En effet il faut avoir une pensée pour les travailleurs et travailleuses qui perdent leur vie ou qui reçoivent un diagnostique de maladie incurable en raison de manque de prévention. De plus c’était et c’est toujours le jours anniversaire du décès de ma mère qui a donné sa vie au travail. On disait d’elle qu’elle avait la vocation. Elle est décédée en milieu de travail avec le personnel qui l’avait accompagnée pendant plusieurs années et qui étaient devenus ses amis de travail. Les derniers jours de son travail elle est entrée au travail avec une canne. Ses amis compagnons de travail et directeurs de département lui ont permis cette entrée pour qu’elle puisse accepter d’elle même son incapacité à travailler. Alors comprenez que cette journée est très significative pour moi. Merci Kevin pour ce témoignage.

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