Un peuple tribal subi une attaque

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À l’occasion de la Journée mondiale des peuples autochtones, Survival International attire l’attention sur certaines des tribus qui ont été victimes de génocide. Cette organisation internationale, qui se consacre à la défense des peuples autochtones du monde entier, craint que l’histoire ne se répète si des mesures urgentes ne sont pas prises pour protéger une tribu vivant à la frontière péruano-brésilienne.

Le mois dernier, Survival International a appris qu’une tribu anciennement isolée (tribu n’ayant eu aucun contact avec les sociétés industrialisées) avait demandé l’aide de la tribu avoisinante Ashaninka au Brésil.

« Les membres de cette tribu isolée ont expliqué qu’ils avaient dû fuir leur village, car leurs aînés avaient été tués par des non autochtones et leurs maisons incendiées, a expliqué Ilana Nevins, porte-parole de Survival International. Tant de gens ont été tués qu’ils n’ont pas pu les enterrer tous et leurs cadavres ont été dévorés par les vautours. »

L’organisation soupçonne que des bûcherons illégaux et des trafiquants de drogue ont commis ces atrocités. Bon nombre d’Autochtones ont déjà été repoussés plus profondément dans la forêt à mesure que des bûcherons et des trafiquants de drogue empiètent sur leur territoire.

Les tribus isolées qui entrent en contact avec les sociétés industrialisées peuvent être victimes non seulement d’actes de violence, mais aussi de maladies. Dans les années 1990, plus de la moitié des Nahuas ont été décimés après être entré en contact avec des bûcherons.

Sept tribus isolées qui ont eu des contacts avec la société extérieure le mois dernier ont montré des signes d’influenza, une maladie pour laquelle elles n’ont pas développé d’immunité. FUNAI, l’organisme gouvernemental brésilien, chargé de protéger les territoires tribaux et les autochtones, a traité cinq jeunes hommes et deux jeunes femmes pour cette maladie.

Comptant 70 tribus isolées et un territoire autochtone de 14 millions d’hectares (environ deux fois et demie la dimension de la Nouvelle Écosse), FUNAI, qui est aux prises avec une énorme tâche, n’a pas assez d’argent pour la réaliser. Mme Nevins estime néanmoins que les choses s’améliorent.

« Chez FUNAI, des employés ont à cœur que ces tribus et leur territoire soient protégés, précise-t-elle. Mais ce n’est pas suffisant. On manque de financement pour assurer que les territoires isolés sont surveillés et que les bûcherons , les mineurs et autres exploitants des ressources sont interdits d’accès. »

Survival International souhaiterait que le gouvernement brésilien consacre davantage d’argent aux activités de FUNAI. À l’heure actuelle, l’organisation demande au gouvernement de réaffecter du personnel dans un avant-poste gouvernemental, qui a été attaqué par des bûcherons illégaux et des trafiquants de drogue en 2011.

Ces employés surveillaient et protégeaient le territoire du tribu isolée qui, vraisemblablement, y vivait.

Survival International enjoint le public de transmettre un message électronique aux gouvernements brésilien et péruvien leur demandant de surveiller et de protéger ces tribus isolées et leur territoire.

En mars dernier, les gouvernements péruvien et brésilien ont signé une entente de coopération visant la surveillance et la protection transfrontalières.

« Jusqu’à présent, ce n’est pas suffisant pour protéger ces peuples », conclut Mme Nevins.

Les membres peuvent en apprendre davantage à propos de Survival International à www.survivalfrance.org. Vous pouvez aussi lire d’autres articles sur les peuples tribaux, y compris : Revoyez votre vocabulaire et À la défense des peuples autochtones au sujet de l’empiétement sur le territoire des Matsés situé au Pérou, causé par l’exploration pétrolière.

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