À la défense des peuples indigènes

La Journée internationale des populations autochtones du monde sera célébrée le 9 août. Cette journée fera l’objet d’un autre article, mais d’ici là, et étant donné l’urgence de la situation, nous vous prions d’agir pour protéger les Matsés et les groupes autochtones isolés du Pérou en appuyant le travail de l’organisme Survival International.

Dans le passé, nous avons présenté sur notre site Web le travail important qu’accomplit Survival International. Au Canada, cet organisme a défendu la Nation Innu, qui subit encore les répercussions d’attitudes colonialistes.

Par contre, il ne faut pas oublier que Survival International est un organisme mondial et qu’il a pour mandat de défendre de tous les peuples indigènes.

« Nous souhaitons vraiment que les gens comprennent et respectent le fait que les peuples indigènes doivent avoir la liberté de prendre leurs propres décisions en ce qui concerne leurs terres et leur mode de vie », explique Kayla Wieche, porte-parole de Survival International. « Nous les aidons à protéger leur vie, leurs terres et leurs droits fondamentaux. »

Partout dans le monde, les sociétés indigènes sont menacées de diverses façons : vol de terres, violence, racisme, extraction des ressources – sans parler de l’inévitable contamination des terres qui découle de cette extraction.

C’est pourquoi Survival International soutient que les entreprises doivent s’abstenir d’exercer leurs activités sur les terres des peuples indigènes si elles n’ont pas obtenu préalablement le consentement libre et éclairé de ces personnes.

« Chaque groupe autochtone doit accepter les activités entreprises et être parfaitement bien informé, affirme Mme Wieche. Et s’il ne veut pas qu’une entreprise travaille sur ses terres ou que des bûcherons abattent ses forêts, il a le droit de refuser. »

Les empiètements dont se rendent responsables les entreprises d’exploitation forestière et d’exploration pétrolière nuisent grandement aux peuples indigènes, surtout ceux qui sont isolés.

En 2008, Survival International s’est fait connaître en publiant d’incroyables images de peuples isolés – des peuples qui n’avaient jamais été en contact avec la société industrialisée.

« Les gens n’arrivaient pas à y croire… Ils n’en revenaient pas qu’il y ait encore des peuples isolés un peu partout dans le monde. »

Mais ce n’est pas parce qu’ils vivent en marge de la société que nous connaissons qu’ils ne savent pas qu’elle existe, prévient Mme Wieche.

« La plupart du temps, surtout dans la région amazonienne, les peuples ont réellement été maltraités par la société industrialisée. Et ils ne veulent pas faire partie de cette société. »

« C’est un choix délibéré. »

D’après Survival International, 90 % des Indiens de l’ouest de l’Amazonie ont été anéantis au XIXe siècle pendant la « fièvre du caoutchouc ». Même aujourd’hui, le contact avec le monde industrialisé entraînerait la ruine de ces peuples indigènes.

« Leur système immunitaire ne les protège pas du rhume ou de la grippe, c’est pourquoi la moitié d’entre eux – et c’est déjà arrivé – risquent de mourir s’ils entrent en contact avec le monde industrialisé. »

Une des menaces auxquelles ces communautés font face vient du Canada : une société canado-colombienne appelée Pacific Rubiales Energy Corporation. Elle est inscrite à la Bourse de Toronto sous le symbole PRE.

« Elle est à la recherche de pétrole sur des terres situées à un endroit où il a été proposé d’établir une réserve pour un groupe autochtone isolé », explique Mme Wieche.

Les Matsés, qui vivent tout près, croient être apparentés à ce groupe isolé et pensent qu’il vit sur les terres où Pacific Rubiales mène ses activités d’exploration.

Survival International demande à cette société du secteur de l’énergie de mettre fin à l’exploration pétrolière sur cette terre. La société compte également poursuivre l’exploration sur les terres des Matsés.

« Elle procède déjà à une prospection sismique. Des hélicoptères survolent la région, et cela perturbe le mode de vie du peuple et fait aussi fuir les animaux, ajoute Mme Wieche. C’est vraiment insupportable. »

Les Matsés se sont adressés aux actionnaires de Pacific Rubiales pour leur demander de retirer leurs investissements si la société poursuit ses activités d’exploration sur le territoire.

« Nous demandons au public d’écrire à Pacific Rubiales », conclut Mme Wieche, ajoutant qu’il faut enjoindre au gouvernement péruvien d’annuler son contrat avec le géant de l’énergie.

Pour en savoir davantage sur le sujet – et agir –, rendez-vous sur le site Web de Survival International.

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