Entente sur le dédommagement Phénix, le contrat du groupe PA et les enjeux communs

9 juillet 2020

L’AFPC vient de conclure une entente de principe pour les 70 000 membres du groupe PA, une belle victoire pour les fonctionnaires fédéraux qui se sont surpassés afin de venir en aide aux Canadiennes et Canadiens durant la pandémie. L’entente, qui porte également sur les enjeux communs relevant du Conseil du Trésor, prévoit des salaires équitables et de meilleures conditions de travail, sans aucune concession.

Parallèlement à ces négociations fructueuses, l’AFPC a également obtenu un dédommagement équitable pour les dommages causés par Phénix qui sera versé à tous nos membres qui ont souffert des ratés du système de rémunération.

Dédommagement Phénix

L’AFPC a négocié avec succès un dédommagement Phénix qui est nettement meilleur que l’accord conclu par l’employeur avec d’autres agents négociateurs fédéraux. L’an dernier, l’AFPC avait rejeté l’offre du gouvernement – cinq jours de congé encaissables. C’était une offre dérisoire qui aurait avantagé les fonctionnaires qui gagnent plus tout en pénalisant ceux qui gagnent moins. L’accord actuel offre aux membres de l’AFPC admissibles un paiement forfaitaire juste et équitable de 2 500 $.

L’entente de principe que nous venons de négocier avec le Conseil du Trésor doit être ratifiée par les membres de l’AFPC dans un avenir proche. En revanche, l’accord sur le dédommagement Phénix devait être ratifié par le Conseil national d’administration de l’AFPC, ce qu’il a fait à l’unanimité le 3 juillet.

Nous avons préparé un document qui explique en détail l’accord sur le dédommagement ainsi que l’élargissement du processus de réclamation pour les frais remboursables et pour les pertes importantes causées par Phénix.

Contrat du groupe PA

L’équipe de négociation de l’AFPC a réussi à obtenir des augmentations salariales justes et équitables de 2,11 % par année en moyenne.

Augmentations salariales consenties aux membres du groupe PA :

2018  2019  2020
2,8 %  2,2 %  1,35 %

Nous avons également obtenu des rajustements salariaux et des indemnités pour certains groupes :

  • Bonification de l’indemnité de maintien en poste pour tous les fonctionnaires qui travaillent à l’administration de la rémunération (3 500 $ par année)
  • Nouvelle indemnité pour les agents des pêches qui doivent porter une arme       ( 3 000 $ par année)
  • Nouvelle indemnité de premier responsable pour les agents et agentes de libération conditionnelle et leurs superviseurs. (2 000 $ par année).

Voici d’autres améliorations importantes à signaler : ​

  • Réaffectation ou congé liés à la maternité : passe de 52 à 78 semaines après la naissance d’un enfant
  • ​Bonification de divers congés pour inclure notamment une personne qui tient lieu de parent :
    Congé non payé pour s’occuper de la famille
    Congé de deuil
    Congé payé pour obligations familiales
  • Nouveau : congé pour les membres élus à des charges syndicales
  • Hausse de 10 $ à 12 $ de l’indemnité de repas accordée durant les heures supplémentaires
  • Nouveau libellé sur les pauses-repas : l’employeur offre une pause-repas non payée d’au moins trente (30) minutes par journée complète de travail, normalement à la mi-journée.
  • Renouvellement et mise à jour du Protocole d’entente concernant une étude conjointe sur l’environnement de travail dans les centres d’appels
  • Nouveau : formation en intervention de crise et en renforcement des capacités d’adaptation pour le personnel des centres d’appels
  • Augmentation du financement pour le Programme d’apprentissage mixte; projet pilote sur la conception d’une formation en santé et sécurité
  • Pauses accordées aux employées qui allaitent (pour allaiter ou exprimer du lait)
  • Protocole d’entente visant à mener une étude conjointe sur les mécanismes de soutien aux employés qui, dans l’exercice de leurs fonctions, sont exposés à du matériel très sensible, explicite et dérangeant
  • Comité paritaire chargé d’examiner l’usage des langues autochtones dans la fonction publique fédérale, les compétences linguistiques du personnel dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que les avantages que les locuteurs de langues autochtones apportent à la fonction publique
  • Protocole d’entente sur l’amélioration de l’examen de la structure des groupes professionnels.

Entente sur les enjeux communs

Les équipes des groupes TC, EB et SV se sont jointes aux pourparlers sur les enjeux communs. Voici quelques-unes des améliorations clés :

  • Paiement unique de 500 $ pour compenser le long délai de mise en œuvre des conventions collectives et 50 $ pour chaque retard supplémentaire de 90 jours
  • Dix jours de congé payé pour les victimes de violence conjugale
  • Amélioration des dispositions sur le retour au travail à la suite d’un congé de maternité ou parental, ce qui donne plus de flexibilité aux parents qui voudraient changer d’emploi lorsqu’ils retournent à la fonction publique fédérale
  • Amélioration du congé parental payé

Mise à jour pour tenir compte des nouvelles dispositions législatives, y compris la possibilité de partager et de prolonger le congé
Bonification des prestations supplémentaires pour chaque semaine où l’employé est en congé parental prolongé ou partagé
Semaines additionnelles pour les parents couverts par le Régime québécois d’assurance-parentale et qui travaillent tous deux à la fonction publique fédérale

  • Nouveau protocole d’entente pour étudier les questions liées aux services de garde
  • Amélioration du congé de compassion et du congé pour proches aidants, conformément aux nouvelles dispositions législatives
  • Amélioration des dispositions sur l’utilisation des locaux de l’employeur pour affaires syndicales
  • Nouveau protocole d’entente visant à protéger certaines conditions de travail des membres civils de la GRC
  • Nouveau protocole d’entente sur la santé mentale au travail s’appuyant sur les travaux du Centre d’expertise pour la santé mentale en milieu de travail
  • Indemnité d’études majorée à 17 000 $ en cas de réaménagement des effectifs.
  • Suppression du protocole d’accord sur le soutien au mieux-être des employés. En conséquence, les congés de maladie resteront inchangés.

Texte intégral et prochaines étapes

Au cours des prochains jours, nous communiquerons aux membres le texte intégral de l’entente de principe (qui s’applique au groupe PA et aux enjeux communs) accompagné d’explications dès qu’il sera disponible. Les membres du groupe seront ensuite conviés à un vote de ratification en ligne. Les détails du vote seront communiqués dès que possible.

L’équipe de négociation de l’AFPC recommande à l’unanimité la ratification de l’entente de principe.

Afin de recevoir toutes les nouvelles et de participer au processus de ratification, assurez-vous de mettre à jour vos coordonnées dans le portail des membres de l’AFPC ou de vous créer un compte.

Autres unités de négociation de l’AFPC

Les dates de négociation pour le groupe SV seront annoncées dans les prochaines semaines. Les négociations pour les groupes EB et TC et les membres de l’Agence du revenu du Canada reprennent la semaine prochaine.

Source: http://syndicatafpc.ca/entente-sur-dedommagement-phenix-contrat-du-groupe?_ga=2.53933741.485838597.1594218805-722671214.1553177201

Informations importantes pour les membres d’OES

 

2 juillet 2020

Le SEN a récemment appris que l’employeur avait commencé à réduire les semaines moyennes de travail (SMT) au troisième trimestre pour les intervieweuses et intervieweurs sur place, et ce, à partir du 1er juillet 2020.

Cette situation pourrait s’appliquer à un grand nombre d’intervieweuses et intervieweurs sur place et d’employées et employés des bureaux régionaux, dans les trois régions.

Pour réduire au minimum les répercussions financières, on encourage les employées et employés à demander la Prestation canadienne d’urgence (PCU) si elles/ils gagnent 1 000 $ par mois ou moins.

Assurez-vous de demander la PCU par l’intermédiaire de Service Canada ou de l’Agence du revenu du Canada (ARC), et non en vous adressant aux deux. Avant de demander la PCU, veuillez vérifier si vous y êtes admissible.

Le SEN et l’AFPC restent en contact étroit avec l’employeur afin de vous fournir les dernières mises à jour sur cette situation en évolution.

Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez communiquer avec une ou un membre de l’Exécutif de votre section locale :

Sections locales du SEN avec membres d’OES – Intervieweuses et intervieweurs sur place
Sections locales du SEN avec membres d’OES – Bureaux régionaux

Retour sur les lieux de travail : le plan du gouvernement laisse encore à désirer

26 juin 2020

Le gouvernement a annoncé cette semaine ses lignes directrices concernant le retour au bureau des fonctionnaires fédéraux, à l’heure où on commence partout au pays à assouplir les restrictions liées à la COVID-19. Le plan n’indique pas à quel moment les employés seront appelés à retourner sur les lieux de travail, laissant plutôt le soin à chaque ministère d’opérer une transition graduelle selon une série de conditions.

Le Conseil du Trésor a mis en œuvre plusieurs recommandations de l’AFPC, notamment en promettant que les conventions collectives seront respectées, en reconnaissant la nécessité d’améliorer l’accès au soutien en santé mentale, et en s’engageant à consulter les comités de santé et de sécurité et les syndicats.

Les lignes directrices soulignent également que bon nombre de fonctionnaires ne pourront pas retourner au bureau tant qu’ils n’auront pas accès à certains services importants, comme la garde d’enfants et les écoles. Elles reconnaissent en outre le bien-fondé d’autres importantes conditions préalables, comme la disponibilité de l’équipement de protection; la capacité de préparer et de préserver un espace physique propre et sécuritaire; et les mécanismes de coordination nécessaires pour planifier, superviser et surveiller la transition.

L’AFPC a certaines inquiétudes à l’égard des lignes directrices actuelles :

  • Puisque le retour au bureau sera supervisé par les chefs de service, il se pourrait que les règles ne soient pas appliquées uniformément au sein de la fonction publique fédérale. Il faudrait éviter que les gestionnaires créent des conditions de travail inéquitables entre les différents services et ministères.
  • Nous voulons que ce soient des experts scientifiques qualifiés – et non les gestionnaires locaux – qui statuent sur le caractère sécuritaire des lieux de travail et sur l’équipement de protection requis.
  • Les employés qui sont appelés à retourner sur le lieu de travail devraient recevoir un préavis d’au moins deux semaines.
  • Il est peu question de consulter les comités d’équité en matière d’emploi sur les défis particuliers des groupes désignés, notamment les personnes ayant un handicap. Nous avons exhorté le gouvernement à s’engager à mettre en place un processus qui tient compte des répercussions de la COVID-19 sur divers groupes comme les femmes, les Autochtones et les personnes racialisées, LGBTQ2+ et/ou ayant un handicap.

Pour assurer la sécurité de nos membres et du public d’ici l’arrivée d’un vaccin, il faut permettre aux fonctionnaires de travailler à distance aussi longtemps que nécessaire et voir à ce que des mesures de sécurité aient été mises en place en cas de retour sur les lieux de travail.

Nouvelle politique de télétravail?

Comme il l’a indiqué dans les nouvelles lignes directrices, le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, estime que la pandémie nous aura notamment appris qu’il serait possible et même pratique pour certains fonctionnaires de travailler à domicile en permanence. Il a ajouté que le gouvernement avait commencé à réfléchir au nombre de bureaux et aux locaux dont il souhaitait disposer au cours des prochaines années.

COVID-19 nous a donné l’occasion de repenser le télétravail dans la fonction publique fédérale, mais les conditions de travail de nos membres doivent être négociées avec le syndicat en toute concertation avec les membres.

Source: AFPC

Pour le bien public : La menace grandissante de la privatisation et les propositions des travailleurs pour protéger notre avenir

L’AFPC et plusieurs autres syndicats font partie du Groupe de travail sur les nouvelles formes de privatisation mis sur pied par le Congrès du travail du Canada. Le 25 juin, le Groupe de travail a rendu public son rapport, intitulé Pour le bien public : La menace grandissante de la privatisation et les propositions des travailleurs pour protéger notre avenir.

Le rapport est l’aboutissement d’une analyse approfondie des nouvelles formes de privatisation, en particulier les obligations à impact social (OIS), la participation des régimes de retraite et d’autres investisseurs à l’infrastructure privatisée et les nouveaux organismes fédéraux qui facilitent la privatisation des services et des infrastructures (la Banque de l’infrastructure du Canada, FinDev Canada et le Fonds de finance sociale). Ces organismes qui, de toute évidence, devraient relever de l’État et servir le bien commun, ainsi que les formes plus traditionnelles de privatisation contribuent à l’instabilité grandissante des services publics alors que nous avons besoin, plus que jamais, d’une fonction publique forte, efficace et compétente pour assurer des services essentiels à la population canadienne.

Rédigé en grande partie avant la pandémie de COVID-19, Pour le bien public fait ressortir l’importance critique des services publics en temps de pandémie. Les travailleuses et travailleurs de la fonction publique – des membres de l’AFPC – ont été là pour nous tout au long de la crise : luttant contre la pandémie à l’Agence de santé publique du Canada, inspectant les aliments que nous consommons, protégeant nos frontières et nos aéroports, traitant les demandes d’aide d’urgence des travailleurs et des entreprises, développant et testant des vaccins et des traitements.

Dans certains secteurs, la privatisation a causé des décès. La situation dans les foyers de soins de longue durée privés est un exemple tragique de ce qui arrive lorsqu’on fait passer les profits avant les gens.

Le rapport trace la voie à suivre : il faut rapatrier les services publics et encourager le recours aux meilleures pratiques en matière de financement, de construction et d’entretien d’infrastructures par les pouvoirs publics. Ces infrastructures seront essentielles non seulement pour relancer l’économie après la pandémie, mais aussi pour mieux résister aux pandémies, aux changements climatiques et aux autres crises à venir.

Problèmes de paye causés par Phénix : Comment obtenir de l’aide

Au cours des derniers mois, nous nous sommes tous sentis dépassés par les changements qu’a occasionnés la pandémie, tant au travail qu’à la maison. Et n’oublions pas les problèmes de paye causés par Phénix (les anciens comme les nouveaux) qui perturbent encore des milliers de fonctionnaires.

L’AFPC souhaite rappeler à tous ses membres les ressources mises à leur disposition par leur employeur et par leur syndicat et leur droit de réclamer les montants qui leur sont dus.

Vous avez des problèmes de paye? Suivez les étapes ci-dessous.

1. Parlez-en à votre gestionnaire (personnel actuellement en poste)

Une fois que vous avez la certitude qu’il y a bien eu erreur de paye, communiquez avec votre gestionnaire (article 34). Expliquez‑lui le problème et dites-lui à quand il remonte.

Votre gestionnaire vous expliquera le processus des ressources humaines de votre ministère et vous avisera des meilleures options pour régler votre problème. Il existe trois avenues possibles :

  1. Communiquer avec le Centre des services de paye de la fonction publique (CSPFP).
  2. Présenter une demande d’intervention de paye (DIP).
  3. Remplir le formulaire de rétroaction sur Phénix.

Ne tardez pas à faire un suivi auprès de votre gestionnaire afin de vous assurer que tout a été fait pour faire avancer votre dossier. Une fois que le CSPFP a reçu votre DIP, vous pouvez suivre sa progression à l’aide de l’application Suivre monCAS.

2. Communiquez avec votre syndicat (anciens membres du personnel et personnel actuel)

S’il y a des retards dans le traitement de vos problèmes de paye, l’AFPC acheminera votre dossier au Bureau du service à la clientèle de SPAC en votre nom.

Passez en revue les avenues possibles pour chaque problème de paye ou communiquez avec une conseillère ou un conseiller en rémunération en remplissant une demande de renseignements généraux (dans le menu déroulant, sélectionnez Problème de paye Phénix). Un membre de l’équipe communiquera avec vous dès qu’il y a du nouveau.

3. Réclamation de dépenses personnelles

Les fonctionnaires qui ont dû engager des dépenses en raison d’un problème de paye peuvent soumettre une demande de réclamation. Parmi les dépenses admissibles, mentionnons les frais bancaires pour provision insuffisante, les pénalités financières, et les paiements d’intérêts. Remplissez le Formulaire de réclamation des frais financiers ou communiquez avec l’agente ou l’agent responsable des réclamations de votre ministère pour obtenir de l’aide.

Pour en savoir plus sur les dommages causés par Phénix, consultez la page Tout sur la négociation du dédommagement Phénix de l’AFPC. Pour obtenir des mises à jour, visitez sa page sur le fiasco Phénix.

Sujets:

Bonne Saint-Jean-Baptiste!

Les membres du Comité des francophones du SEN souhaitent une Bonne Saint-Jean-Baptiste à toutes celles et ceux qui célèbrent cette fête!

Reprise des négociations pour 100 000 membres de l’AFPC

Après des mois à exercer des pressions, l’AFPC et ses membres ont réussi à ramener le gouvernement fédéral à la table de négociation. C’est donc du 23 juin au 3 juillet que reprendront les négociations avec le Conseil du Trésor pour les 70 000 fonctionnaires fédéraux du groupe PA, la plus grande unité de négociation de l’AFPC. Les séances porteront notamment sur des enjeux communs et les dommages causés par Phénix.

Et à partir du 6 juillet, les pourparlers recommenceront pour les quelque 30 000 membres de l’AFPC-SEI à l’Agence du revenu du Canada.

« Reconnaissant le besoin de stabilité et d’une juste rémunération pour les fonctionnaires pendant la pandémie, les provinces, les municipalités et de grands employeurs de l’ensemble du pays ont négocié et signé leurs conventions collectives depuis plusieurs mois déjà, souligne Chris Aylward, président national de l’AFPC. Il est grand temps que le gouvernement fédéral emboîte le pas pour ses employés. »

Tout au long de la pandémie, les membres de l’AFPC ont été aux premières lignes pour lutter contre le virus et acheminer l’aide financière d’urgence à des millions de Canadiennes et de Canadiens. Ils continuent à offrir ces services critiques alors qu’ils n’ont pas de nouveau contrat de travail et que nombre d’entre eux n’ont pas eu droit à une augmentation de salaire depuis quatre ans.

Ces femmes et ces hommes continuent à subir les conséquences néfastes du fiasco Phénix et n’ont toujours pas obtenu de dédommagement pour toutes ces difficultés.

« Au cours des dernières semaines, près de 15 000 membres de l’AFPC ont demandé au gouvernement qu’il ordonne au Conseil du Trésor de revenir à la table de négociation. Le message a manifestement été entendu, poursuit Chris Aylward. On ne devrait pas avoir à faire autant de pressions pour être en mesure de négocier. Je tiens à remercier nos membres d’avoir appuyé en si grand nombre nos équipes de négociation. »

« Et nous accueillons favorablement le changement d’attitude du gouvernement fédéral, particulièrement durant la Semaine nationale de la fonction publique, qui a décidé de passer de la parole aux actes pour nos membres, ajoute le président Aylward. Il doit maintenant se présenter à la table afin de conclure un règlement équitable sans plus de délais. »

Une mise à jour pour les autres unités de négociation du Conseil du Trésor sera bientôt disponible.

Juin est le Mois national de l’histoire autochtone

Texte de Michael Freeman

En juin, le Canada célèbre le Mois national de l’histoire autochtone. Les peuples autochtones vivent et prospèrent depuis des milliers d’années sur le territoire qu’on appelle aujourd’hui l’Amérique du Nord. Bien sûr, certains essaient de remettre en question cette chronologie; mais notre histoire orale et nos connaissances traditionnelles constituent la seule preuve dont nous, les Autochtones, avons besoin.

Le Mois national de l’histoire autochtone est le moment de se souvenir, d’apprendre, de célébrer, de guérir, de grandir, de s’unir, de se réconcilier et d’espérer. C’est l’occasion pour les peuples partageant les mêmes valeurs de se rassembler. Dans l’unité, nous trouverons une nouvelle force.

D’un bout à l’autre du Canada, les peuples autochtones (expression qui désigne les Autochtones, les Métis et les Inuits) ont chacun leur propre histoire. Ce que chaque peuple a vécu et a connu est unique. L’histoire de ses peuples a été interrompue, embrouillée et à jamais altérée par l’arrivée des explorateurs et de tous ceux qui ont immigré sur leur terre. Cette coexistence difficile a été le fondement d’une relation fluctuante axée sur la confrontation dans les pires moments, sur la fierté et la célébration dans les meilleurs.

Vous pouvez explorer vous-même la riche histoire des peuples autochtones en faisant des recherches et en étudiant ce qui s’est passé. Assurez-vous de consulter autant des documents sur l’histoire que sur les traités, les politiques et la réconciliation. Il y a de nombreux auteurs autochtones modernes, et tout ce qu’ils ont écrit vous permettra de vous sentir connecté(e), de lire et d’apprendre pendant des semaines et des mois. Ne faites pas l’erreur de ne lire que des livres d’histoire écrits par des auteurs non autochtones; ce n’est pas ainsi que vous pourrez connaître l’histoire du point de vue des Autochtones.

La pandémie qui touche actuellement tous les aspects de notre société a entraîné le report ou l’annulation de bon nombre de rassemblements, de célébrations et de cérémonies en l’honneur et en reconnaissance de la riche histoire des peuples autochtones. La solution est donc de se tourner vers le monde virtuel et d’explorer les nombreux portails web accessibles.

Il est temps de nous défaire du racisme rampant dirigé au Canada contre les peuples autochtones. Vous devez faire partie de la solution, si ce n’est pas déjà fait : engagez-vous à comprendre la véritable relation entre les peuples autochtones et non autochtones et travaillez activement à l’améliorer. Vous devez voir plus loin que les cérémonies spectaculaires et les stéréotypes aveugles découlant de l’ignorance.

Faites preuve de curiosité et d’ouverture à l’apprentissage, à la connaissance et aux nouvelles idées. Et par-dessus tout, savourez l’expérience.

Michael Freeman est représentant national aux droits de la personne du Syndicat des employées et employés nationaux, membre de l’unité des négociations du groupe EB, président de la section locale 00128 du SEN et enseignant et rédacteur politique pour Services aux Autochtones Canada à la réserve des Six Nations, en Ontario.

L’AFPC-Prairies et le SEN exhortent le Musée canadien des droits de la personne à ne pas prolonger le mandat de M. Young à titre de PDG

Monsieur le Ministre,

Nous ne doutons pas que vous avez été mis au courant de la récente divulgation par d’anciennes employées d’anciens employés du Musée canadien des droits de la personne (MCDP) à Winnipeg qu’elles/ils ont été victimes de racisme et de harcèlement continus et systémiques lorsqu’elles/ils travaillaient dans cette institution.

En tant que syndicat représentant 160 membres employé.e.s au MCDP, cette révélation n’a été une surprise pour aucun.e d’entre nous. L’Exécutif syndical de notre section locale soulève la question de façon répétée depuis plusieurs années. Et récemment, parce que la direction n’a pas reconnu la situation ni pris de mesures, notre équipe de négociation a déposé une proposition de formation obligatoire de lutte contre le harcèlement et contre la discrimination pour tout le personnel. Preuve du refus de la direction de prendre cette affaire au sérieux, la proposition a été rejetée.

Récemment, en réponse à des reportages dans les médias, le PDG, John Young, a déclaré que le niveau de préoccupation exprimé sur les réseaux sociaux étonne de nombreuses personnes travaillant au Musée. Ce n’était aucunement une surprise pour la direction et en particulier le PDG.

La réponse de l’administration, savoir qu’elle ira à la rencontre du personnel et des bénévoles afin d’écouter leurs expériences et leurs préoccupations est, au mieux, une réponse faible qui ne montre pas que l’employeur prend position contre le racisme et le harcèlement dans un milieu de travail toxique.

Nous savons que le mandat de M. Young à titre de PDG viendra à échéance le 16 août 2020. Monsieur le ministre Guilbeault, pour le bien-être des employé.e.s et pour s’assurer que l’institution est en voie de restaurer sa crédibilité, nous vous exhortons à ne pas prolonger le mandat de M. Young à titre de PDG du MCDP.

Nous pouvons vous dire que les « discussions » avec le personnel à la suite des publications sur les médias sociaux n’étaient en aucune façon sincères, et le personnel ne pense absolument pas que l’équipe de gestion du MCDP, sous la direction de M. Young, comprenne le sérieux de la situation ou en soit consciente.

Le mandat officiel du MCDP est :

« […] d’explorer le thème des droits de la personne, en mettant un accent particulier sur le Canada, en vue d’accroître la compréhension du public à cet égard, de promouvoir le respect des autres et d’encourager la réflexion et le dialogue. »

Nos membres sont très dévoué.e.s et fier-ère.s de leur travail, mais estiment que ce qui se passe derrière des portes closes relève de l’hypocrisie par rapport au mandat. Malheureusement, au fil des ans, les employé.e.s ont choisi de partir tranquillement au lieu de s’exprimer publiquement afin de préserver l’intégrité de l’institution. Monsieur le Ministre Guilbeault, nous vous exhortons à ne pas prolonger le mandat de M. Young et à veiller à ce que tout candidat potentiel à une nomination à titre de président et chef de la direction ait les compétences requises pour que des mesures appropriées soient prises immédiatement afin que l’on puisse rétablir la confiance des employé.e.s et celle de la population canadienne.

Nous attendons votre réponse avec impatience.

Sincèrement,

Marianne Hladun
Vice-présidente exécutive régionale
Alliance de la fonction publique du Canada – Prairies

Kevin King
Président national
Syndicat des employées et employés nationaux

Exécutif de la section locale 50773 – AFPC

 

PDF icon Lettre à Ministre Guilbeault_MCDP (en anglais seulement)

Réflexions sur la Journée nationale des peuples autochtones

Par Lenora Maracle

Nous avons vu la réaction publique à l’injustice raciale et à la brutalité policière; nous devons reconnaître notre propre passé de colonialisme et les injustices qui ont eu lieu hier et qui ont lieu encore aujourd’hui. Des gens de toutes les collectivités du pays endurent une forme ou une autre de discrimination.

J’aimerais reconnaître toutes celles et ceux qui subissent les effets du racisme et toutes celles et ceux qui leur tendent la main. Nous sommes trop nombreuses et nombreux à éprouver de la souffrance et de la colère; les événements d’aujourd’hui ne peuvent laisser personne indifférent.

Je soutiens fermement les personnes noires, les Autochtones et les gens de couleur, la communauté LGBTQ2S+ ainsi que les personnes vivant avec un handicap ou toute forme de limitation. Je participerai à la lutte contre le racisme, l’oppression et la marginalisation.

Il a un an ce mois-ci était publié le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Nous honorons la mémoire des filles, des mères, des grand-mères, des tantes qui nous ont été enlevées, sans oublier les membres de la communauté LGBTQ2S+, et nous pensons aussi à celles et ceux qui restent, aux familles et aux collectivités dont la vie a irrémédiablement basculé.

La colonisation laisse sa marque sur les peuples autochtones, mais cette marque est souvent invisible aux yeux des Candiennes et Canadiens.

Il nous faut aujourd’hui expliquer tout cela à la société dans son ensemble, lui faire comprendre que les taux élevés de suicide et de toxicomanie découlent de traumatismes qui remontent à plusieurs générations déjà. Il faut aussi lui montrer que les langues, les cultures et les rituels autochtones existent encore, malgré ces traumatismes historiques.

Nous sommes un peuple résilient. La résilience, c’est cette force intérieure qui aide les gens à reprendre pied et à poursuivre leur chemin dans l’adversité. L’identité, les terres, la culture et l’histoire autochtones sont l’illustration même de la résilience.

La résilience est au cœur des collectivités autochtones.

Les Autochtones doivent se réapproprier leur culture traditionnelle, se définir de nouveau comme un peuple indissociable de son territoire et réaffirmer leur identité distincte. C’est cela, la décolonisation.

Nous devons aussi guérir de nos blessures. Pour cela, nous devrons apprendre à apprendre et entamer un voyage vers le bien-être, ce qui suppose de prendre soin de nous. Nous devons comprendre les forces de l’histoire qui ont façonné notre mode de vie actuel. Nous devons découvrir, nommer et transmettre le savoir, les valeurs et les modes de connaissance autochtones, tout en intégrant certaines façons de faire occidentales. Pour relever les défis de la société d’aujourd’hui, il nous faut appliquer et adapter le savoir, les valeurs et les modes de connaissance à la fois autochtones et occidentaux.

En langue mohawk, « Kanaronkwa » signifie « amour », c’est-à-dire un sentiment d’intense affection et de compassion pour autrui. C’est ce sentiment que j’éprouve pour mes frères et sœurs autochtones.

Onen

 

Lenora Maracle est représentante nationale de l’équité pour les peuples autochtones du SEN.