Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

25 novembre 2020

Le 25 novembre 2020 est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Pourquoi est-ce important, se demanderont beaucoup? Voici quelques faits fournis par les Nations Unies.

  • Des chiffres alarmants : Une femme sur trois a été subi des violences physiques ou sexuelles à un moment donné dans sa vie, le plus souvent de la part d’un partenaire intime.
  • Seulement 52 % des femmes mariées ou en union prennent librement leurs propres décisions concernant les relations sexuelles, l’utilisation de contraceptifs et les soins de santé.
  • Près de 750 millions de femmes et de filles dans le monde étaient mariées avant leur 18e anniversaire. Plus de 200 millions de femmes et de filles ont subi une mutilation génitale féminine (MGF).
  • Une femme sur deux tuée dans le monde a été assassinée par son partenaire ou sa famille en 2017, tandis que seulement un homme sur 20 a été tué dans des circonstances similaires.
  • 71 % de toutes les victimes de la traite des êtres humains dans le monde sont des femmes et des filles, trois quarts d’entre elles sont exploitées sexuellement.
  • La violence à l’égard des femmes est une cause de décès et d’incapacité chez les femmes en âge de procréer aussi grave que le cancer et une plus grande cause de mauvaise santé que les accidents de la circulation et le paludisme réunis.

Nous sommes en 2020, et ce sont des faits auxquels les femmes sont encore confrontées quotidiennement. Nous avons toutes et tous un rôle à jouer pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe envers les femmes, les filles et les personnes LGBTQ2+. Il est temps de se joindre aux discussions embarrassantes sur ce qu’est la violence à l’égard des femmes et sur la façon de faire partie de la solution.

Devenir une personne alliée des femmes!

  • Écouter : faites preuve d’ouverture pour apprendre des expériences des autres.
  • Croire : appuyez les personnes survivantes et celles touchées par la violence.
  • Dénoncer : ajoutez votre voix aux dénonciations de la violence.
  • Intervenir : trouvez des moyens sécuritaires pour offrir de l’aide lorsque vous êtes témoin d’actes de violence fondée sur le sexe.
  • Agir : donnez de votre temps aux organismes qui œuvrent à l’éradication de la violence.

Nous devons commencer quelque part, et c’est tout ce qui me passionne, non seulement parce que je suis une femme, PARCE QUE je suis une femme. Aucune femme ne devrait se sentir impuissante, JAMAIS! Nous ne sommes pas le sexe faible. Nous sommes tout aussi puissantes que les hommes de différentes manières!

LES FEMMES AUTONOMISÉES AUTONOMISENT LES FEMMES!

Aucune femme ne devrait jamais se sentir impuissante! J’ai grandi en me disant que j’étais forte, intelligente, belle et que je pouvais être tout ce que je voulais, et je ne possédais que mon corps. Écoutez votre instinct, il ne vous ment jamais. J’ai eu de la chance. Je suis sûre que je me suis mise dans des situations où je n’aurais pas dû être. Je n’ai jamais été une survivante de la violence; j’ai eu de la chance.

Comme toutes les autres femmes, j’ai eu de l’attention, et on m’a dit des choses qu’on n’aurait jamais dû me dire tandis que je grandissais. Ne pas savoir comment le gérer ou ne pas savoir quoi dire ou faire. Se faire dire que c’est simplement l’époque qui veut ça ou ça fait juste partie du travail. J’ai travaillé comme serveuse dans un bar, tout cela contribuait à l’importance des pourboires que je touchais.

Il y a quelque temps, un de mes amis m’a montré une photo d’une femme tenant une pancarte sur laquelle on pouvait voir une phrase barrée et une autre en dessous. La phrase en dessous était puissante et vraie!

Elle a été violée.

Il l’a violée.

Cette pancarte a changé ma façon de percevoir les mots que nous disons et la façon dont nous les voyons. Ce qu’ils disent sont des outils puissants dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes. J’ai cherché plus d’exemples et j’en ai trouvé beaucoup d’autres.

Nous avons tous entendu le dicton « Les bâtons et les pierres peuvent te briser les os, mais les mots ne peuvent pas te faire de mal ». Ce n’est pas vrai. Lorsque ces déclarations sont ce que vous voyez et ce que vous entendez, la société les croit et les transmet, et cela devient la norme. Commençons par rompre ce cycle.

Voici encore quelques choses que nous devons changer :

Éduquer nos fils.

Se battre pour notre sécurité jusqu’à ce que nous l’obtenions!

Rien de tel; une femme mineure est une enfant. Les enfants ne peuvent pas donner leur consentement. Les femmes sont VIOLÉES, des victimes de viol, des victimes d’agression sexuelle, des SURVIVANTES d’agression sexuelle!

C’est un terme équivoque poli pour le viol, et les violeurs ne méritent pas la politesse. Les victimes méritent d’être validées pour ce qu’elles ont vécu.

Les violeurs seront tenus responsables de leurs actes (tout comme les filles). Il n’y a pas d’excuse qui tienne!

Diana Walker

Représentante nationale de l’équité pour les femmes du SEN

Journée du souvenir trans : la COVID-19 pèse lourd sur les personnes trans et non binaires, surtout si elles sont racialisées

20 novembre 2020

Aujourd’hui, nous commémorons les personnes trans, bispirituelles, non binaires et de genre non conforme victimes de transphobie qui ont perdu la vie. Le 20 novembre est la Journée du souvenir trans, créée en 1999 par la militante trans Gwendolyn Ann Smith. Cette dernière a organisé une vigile en mémoire de Rita Hester, une femme trans assassinée en 1998. En ce jour, l’AFPC pleure la perte des personnes trans, des partenaires aimants, des parents, des proches et des membres de la communauté.

Bien qu’il y ait eu de nombreux gains récemment pour l’inclusion des personnes trans au Canada, ces personnes, surtout les transféminines racialisées, continuent d’être touchées de manière disproportionnée par la violence fondée sur le genre. La pandémie de COVID-19 n’a fait qu’accentuer la discrimination et les inégalités auxquelles ces personnes sont confrontées.

La COVID-19 et ses effets sur les personnes trans

La pandémie est une période difficile pour tous, mais les personnes trans et non binaires sont frappées encore plus durement. L’accès aux thérapies hormonales et aux chirurgies d’affirmation du genre est particulièrement difficile. Comme de nombreuses personnes trans et non binaires sont plus susceptibles d’occuper un emploi précaire, elles ont également subi une perte de revenus et de sécurité d’emploi.

Selon un sondage mené avant la pandémie, 12 % des répondants ont dit éviter d’aller aux urgences parce qu’ils/elles/iels étaient trans ou non binaires. La discrimination et ces obstacles préexistants en matière de santé sont aggravés par la pandémie de COVID-19.

Les personnes trans et non binaires sont également exposées à davantage de violence à la maison en raison du confinement. De plus, les mesures de distanciation sociale ont eu des effets néfastes sur la santé mentale de bon nombre d’entre elles.

Personnes trans et non binaires racialisées

Les études montrent que les personnes trans et non binaires au Canada sont confrontées à plus de défis et de discrimination. En 2019, Trans Pulse Canada a réalisé un sondage auprès de 2873 personnes trans et non binaires au pays. Les répondants racialisés ont fait état de niveaux plus élevés de discrimination, de violence et d’agression que les répondants non racialisés; 73 % se méfiaient des services de police et s’attendaient à être traités injustement par le système juridique. Près de trois répondants sur quatre ont été victimes de harcèlement verbal au cours des cinq dernières années.

Beaucoup de personnes trans noires ont l’impression d’être ciblées et harcelées par la police de manière disproportionnée.

Le décès récent de Coco, une femme trans noire de 30 ans vivant à Toronto (en anglais seulement), alors qu’elle était détenue par le service de police, nous rappelle brutalement les risques auxquels sont exposées régulièrement les femmes trans racialisées.

Quoi faire pour commémorer la Journée du souvenir trans

Vous pouvez prendre part à une vigile le 20 novembre, ou en organiser une, pour honorer la mémoire des personnes trans et de genre non conforme qui ont perdu la vie en raison de la transphobie. Nous vous invitons à participer à une vigile qui se tient en ligne. Si vous y assistez en personne, veuillez respecter toutes les mesures sanitaires en place (port du masque, distanciation, gel désinfectant pour les mains, etc.)

Vous pouvez aussi inciter votre député à adopter une fois pour toutes le projet de loi contre les thérapies de conversion (loi C-6). La thérapie de conversion, pratique dommageable s’il en est, prive les personnes LGBTQ2+ de leur dignité et les dépossède de leur identité en tentant de leur en imposer une autre. Elle fait du tort aux enfants et aux adultes et détruit les familles. Vous pouvez en savoir plus en consultant le document Conversion therapy in Canada (en anglais seulement), qui a été approuvé par l’AFPC.

Autres mesures

Il existe d’autres façons d’appuyer au quotidien les personnes trans et de genre non conforme :

  • Démontrez votre solidarité en respectant les personnes trans qui vous entourent.
  • Ne présumez jamais du pronom d’une autre personne; utilisez le pronom choisi par la personne.
  • Partagez vos pronoms avec les nouvelles personnes que vous rencontrez en signe de solidarité.
  • Ajoutez vos pronoms dans votre signature électronique, votre carte professionnelle ou durant les visioconférences.

Source : http://syndicatafpc.ca/journee-du-souvenir-trans-covid-19-pese-lourd-sur?_ga=2.260875653.962901463.1605810811-722671214.1553177201

Changements au congé 699 : l’AFPC engage d’autres procédures judiciaires

29 octobre 2020

L’AFPC dépose un deuxième grief de principe contre le Conseil du Trésor pour contester les récents changements au congé 699. Ces changements sont discriminatoires, car ils forceront les fonctionnaires fédéraux à épuiser tous les autres congés, y compris les congés de maladie et les congés annuels, avant de demander un autre congé payé pour des raisons liées à la COVID-19.

Au cours des huit derniers mois, les fonctionnaires ont tout donné pour aider la population canadienne à faire face à la pandémie de COVID-19. Les membres de l’AFPC ont fait preuve d’un dévouement indéfectible, malgré les risques liés au travail de première ligne, les difficultés causées par la fermeture des écoles et des garderies et les soins à prodiguer aux membres vulnérables de leur famille.

Dans certains cas, les fonctionnaires ont dû utiliser le congé 699 parce qu’ils ne pouvaient tout simplement pas travailler à distance en raison de leurs responsabilités familiales ou des longues files d’attente pour passer un test de dépistage.

Malgré une utilisation modérée du congé 699, le Conseil du Trésor du Canada a modifié les lignes directrices en mai dernier et restreint la façon dont les fonctionnaires peuvent utiliser les autres congés payés pour répondre aux besoins de garde d’enfants liés à la COVID-19.

L’AFPC a averti le Conseil du Trésor que le resserrement des lignes directrices serait discriminatoire envers les groupes marginalisés et pourrait porter gravement atteinte aux droits de la personne et aux dispositions des conventions collectives des membres. Les travailleurs et travailleuses sont en droit d’utiliser le congé 699, car il est enchâssé dans leurs conventions collectives; ce congé ne peut être retiré selon le bon vouloir des gestionnaires.

Malheureusement, le gouvernement a fait la sourde oreille.

Peu après, l’AFPC a déposé un grief de principe contre le Conseil du Trésor parce que la nouvelle directive a un impact disproportionné sur les femmes, les personnes ayant un handicap et les personnes ayant des obligations familiales.

La nouvelle directive force les membres à épuiser tous leurs congés

Avant même la tenue de la première audience devant la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public, le Conseil du Trésor a imposé de nouvelles restrictions entourant le congé 699. Il a révisé sa directive comme suit : le congé 699 ne peut être considéré qu’après que le fonctionnaire aura d’abord utilisé d’autres congés payés à sa disposition, même s’il présente des symptômes de COVID-19 ou qu’il ne peut travailler à distance parce qu’il a des responsabilités familiales.  

Par conséquent, l’AFPC déposera un autre grief de principe pour contester les derniers changements apportés à la directive sur le congé 699 qui entreront en vigueur le 9 novembre.

Chaque jour, des parents doivent retirer leurs enfants malades de l’école ou de la garderie. Ils devront maintenant utiliser leurs congés annuels ou de maladie. Les fonctionnaires qui prennent soin de leurs proches aînés doivent faire un choix impossible : mettre leurs êtres chers à risque s’ils vont travailler ou rapporter le virus à la maison.

Ces changements contreviennent à la fois aux conventions collectives des membres et à la Loi canadienne sur les droits de la personne pour des motifs fondés sur la situation familiale, le genre ou le handicap. La Commission canadienne des droits de la personne déposera aussi un mémoire au nom des fonctionnaires fédéraux.

En l’absence d’un vaccin, et en raison de l’émergence d’une deuxième vague de la pandémie dans plusieurs régions du Canada, les modifications proposées par le Conseil du Trésor sont prématurées et incompatibles avec la crise sanitaire actuelle. 

L’AFPC s’est engagée à faire en sorte que ses membres, particulièrement les femmes, les personnes soignantes et les personnes ayant un handicap, continuent d’avoir accès au soutien nécessaire et aux congés payés 699 durant la pandémie.

Source: http://syndicatafpc.ca/changements-conge-699-lafpc-engage-dautres?_ga=2.77959191.2074727650.1604003627-1121130890.1580157739

Mois de l’histoire des femmes

Lorsqu’on m’a demandé d’écrire cet article pour le Mois de l’histoire des femmes, j’ai songé à l’écrire uniquement du point de vue d’une femme, ce qui est ma réalité indéniable. Or, comment puis-je écrire uniquement de ce point de vue, alors que je suis aussi une FEMME NOIRE, et que c’est là aussi un fait indéniable? Ma propre intersectionnalité personnelle s’interprète comme les personnages de Rosencrantz et Guildenstern, de la pièce de théâtre Hamlet de Shakespeare, les deux côtés d’une même médaille dans la littérature, comme ma dualité, inséparables et interchangeables.

Au moment où je m’assois pour écrire, je reconnais devant vous mon sexe et mon équité, les deux faces de qui je suis. Chaque jour, tous les jours, je vis avec les obstacles et les défis du sexisme et du racisme, car c’est là aussi mon intersectionnalité; être noire et être une femme : voilà mes deux identités. Je ne peux jamais arrêter de penser au racisme : ce n’est pas un choix, c’est ma réalité.

J’ai été préoccupée par des pensées d’injustices, exacerbées après la mort de Régis Korchinski‑Paquet, de Breonna Taylor et, bien sûr – qui pourrait l’oublier – le meurtre brutal et inhumain de George Floyd. J’ai regardé (comme nous l’avons toutes et tous fait), avec horreur alors qu’il haletait et demandait grâce : huit minutes et 46 secondes de « téléréalité » qui pourrait facilement être ma propre réalité.

Cette année, le thème du Mois de l’histoire des femmes est #GrâceàVous. J’y réfléchis et je me demande comment cela se traduit dans ma vie, non seulement en tant que femme, mais aussi en tant que femme noire. Selon le ministère de Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC), le thème de cette année s’inspire de celles qui, ici au Canada et dans le monde, travaillent à faire progresser l’égalité entre les sexes et les genres dans leur communauté. D’une manière ou d’une autre, cela ne me concerne pas et ne semble pas inclure mes expériences vécues, pas de la manière dont je pense que c’est prévu. Je travaille au sein de ma communauté, de mon syndicat, essayant toujours d’apporter le prisme de mon équité en tant que femme et de l’utiliser tout en étant confrontée à l’équité de ma race. La plupart du temps, je sens que je laisse tomber ma communauté, que je n’en fais pas assez. Le racisme contre les Noirs m’a piégée dans une réalité qui englobe diverses facettes :

#GrâceàVous je suis craintive

#GrâceàVous je me sens muselée

#GrâceàVous je me sens impuissante

#GrâceàVous je me sens nulle

#GrâceàVous c’est dangereux de défendre mes droits

#GrâceàVous je me sens laissée de côté

#GrâceàVous je suis invisible

#GrâceàVous je suis hyper-vigilante

#GrâceàVous je suis en colère et blessée

Dans ce climat d’agitation raciale, de nombreuses femmes, mères, éducatrices, luttent contre les effets de la fatigue émotionnelle, doivent affronter le nouveau et revivre l’ancien, alors que l’on tente de s’y retrouver dans le paysage de celles et ceux qui sont désormais « éveillé.e.s » et qui exigent un changement.

Il est difficile de faire en sorte que les personnes privilégiées s’intéressent, se sentent concernées une fois les manifestant.e.s dispersé.e.s, les coalitions dissoutes, que les mots-clics ne sont plus à la mode sur Twitter et que les pages de médias sociaux se sont fermées. Comment les amener à continuer à se sentir mobilisées et à rester investies quand personne ne regarde et que la notoriété a disparu?

À nos yeux de militantes, le terme « espaces sûrs » est évoqué, mais ce sont les personnes privilégiées qui sont en mesure de créer ces espaces sûrs destinés à celles d’entre nous qui luttent pour l’égalité et qui l’exigent. C’est ainsi qu’elles ont le meilleur des deux mondes, pouvant choisir de ranger leurs chaussures de marche, d’accrocher leurs uniformes de militantes et de se cantonner dans leurs propres réalisations. Cette option n’existe tout simplement pas pour la femme noire.

Les personnes privilégiées parmi nous sont capables de se draper dans leur dignité d’alliées, un privilège qui peut être utilisé comme un avantage, ou elles peuvent simplement choisir de s’esquiver. Pour moi, je ne saurais laisser ma couleur noire à la porte, tout autant que je suis incapable de rejeter la nature même de ma féminité. Malgré le conflit inhérent auquel je suis en proie à cause de mon intersectionnalité, cela me permet également de recréer ma propre perception du genre et de la race, mes propres identités de Rosencrantz et Guildenstern.

#GrâceàVous je serai forte

#GrâceàVous je n’abandonnerai pas le combat ou la lutte

#GrâceàVous je serai déterminée

#GrâceàVous je ne tairai pas ma voix

#GrâceàVous je lutterai pour ce qui est juste

Hayley Millington

Représentante nationale de l’équité pour les membres de minorités visibles du SEN

Le SEN appuie la pêche de subsistance convenable des L’nu

Indian beadwork

Entre 1725 et 1761, les L’nu, également connus sous le nom de Mi’kmaq, ont signé des traités de paix et d’amitié avec des représentants de la Couronne britannique. Ces traités ne cédaient pas de terres et incluaient le droit de récolter les ressources naturelles dans le but de s’assurer une subsistance convenable. Ces traités n’ont pas toujours été respectés par la Couronne, comme en témoigne l’arrestation de Donald Marshall fils en 1993, qui avait attrapé et vendu pour 787,10 $ d’anguilles.

Une commission royale ayant reconnu en 1990 le racisme comme un facteur de son emprisonnement injustifié pour meurtre, Donald Marshall s’est adressé à la Cour suprême pour faire respecter ses droits de pêche. Dans l’arrêt Marshall de 1999, la Cour a confirmé les droits issus de traités de la nation Mi’kmaq à une subsistance convenable grâce à la chasse et à la pêche. La Cour suprême a clarifié sa décision plus tard cette année-là en déclarant que les droits issus de traités étaient toujours soumis à la réglementation gouvernementale.

En septembre 2020, la Première Nation de Sipekne’katik, irritée par le manque de reconnaissance de ses droits issus de traités dans la législation fédérale sur les pêches, a lancé sa propre pêche au homard autogérée avec des permis pour 350 casiers. Les sept petits bateaux ont été accueillis par des pêcheurs commerciaux à bord de bateaux plus grands qui les ont harcelés et volés ou qui ont détaché leurs pièges et vandalisé leurs bateaux. Alors que les représentants des pêcheurs commerciaux ont évoqué des problèmes de conservation, de nombreuses railleries racistes ont été entendues sur les eaux et vues sur les réseaux sociaux. La pêche au homard des membres de la Première Nation de Sipekne’katik représente environ 0,1 % de la pêche au homard dans leur région, et leur récolte hors saison n’est pas considérée comme un problème de conservation par les expert.e.s des pêches.

Des conflits similaires se sont produits dans le Mi’kma’ki depuis l’arrêt Marshall il y a 21 ans, les fonctionnaires fédéraux et les forces de l’ordre n’intervenant pas dans de nombreux cas.

Le Syndicat des employées et employés nationaux (SEN) reconnaît que nous sommes toutes et tous des signataires de traités et encourage ses membres de la région de l’Atlantique et de tout le Canada à respecter les droits issus de traités. Octobre est le Mois de l’histoire des Mi’kmaq (lien en anglais seulement).

Helen Zebedee
Représentante régionale aux droits de la personne du SEN, Atlantique

Journée du chandail orange

Les Autochtones et les non-Autochtones du Canada honoreront les survivantes et survivants des pensionnats et se souviendront de celles et ceux qui n’ont pas survécu en portant un chandail orange. La Journée du chandail orange a été lancée en 2013. Elle a été créée pour éduquer les gens et promouvoir la sensibilisation au système des pensionnats indiens et aux répercussions que ce système a eues sur les communautés autochtones pendant plus de un siècle au Canada, comme c’est le cas aujourd’hui encore.

La chemise orange est devenue le symbole de la lutte contre l’adversité. Pourquoi l’orange? À cause de Phyllis Jack Webstad de la Première Nation de Stswecem’c Xgat’tem, qui est allée au pensionnat St. Joseph Mission. Lors de son premier jour d’école, Phyllis portait un nouveau chandail orange que sa grand-mère lui avait donné. Elle se l’est fait retirer immédiatement, et c’était le début de l’aliénation de Phyllis, de sa famille et de sa communauté, un génocide causé par les actions de l’Église et du gouvernement fédéral.

De nombreux enfants autochtones, environ 30 % d’entre eux, ont été envoyés dans des pensionnats. Les élèves apprenaient l’anglais et étaient punis pour avoir parlé leur langue maternelle. Cependant, les pensionnats du Canada ne préparaient pas adéquatement les élèves à vivre dans la société blanche ou à retourner dans leurs réserves. Le principal objectif des Européens était de « tuer l’Indien dans l’enfant ».

La Journée du chandail orange est le moment pour nous tous de nous souvenir de ces événements et de faire prendre conscience à la société en général de ce qui est arrivé aux enfants autochtones – car cette période ne figure pas dans les livres d’histoire – et des effets intergénérationnels sur la population autochtone d’aujourd’hui. Cette journée témoigne de la force et de la résilience continues des peuples autochtones.

Lenora Maracle
Représentante nationale de l’équité pour les Autochtones du SEN

la Journée du multiculturalisme au SEN

Par Hayley Millington

Le multiculturalisme. L’idée en soi témoigne d’une idéologie, d’une politique adoptée par le gouvernement du Canada qui a donné naissance à la perception selon laquelle les gens issus de différentes cultures peuvent coexister au sein de la société élargie. Pour l’essentiel, le multiculturalisme se définit comme la coexistence de diverses cultures composées de groupes raciaux, religieux ou culturels, se manifeste dans des comportements coutumiers et des présupposés culturels et privilégie divers modes de pensée et styles de communication. Les Canadiens considèrent le mélange culturel comme leur propre mosaïque multiculturelle. 

En lisant l’article, vous vous demanderez peut-être ce que suppose exactement le multiculturalisme. Eh bien ici, au Canada, au cœur du multiculturalisme reposait l’immigration, qui se voyait accorder une position d’importance sociale. Sur le plan historique, durant les années 1970 et 1980, le gouvernement canadien a officiellement adopté le multiculturalisme, et cela se reflète dans sa législation, dont la Loi sur le multiculturalisme canadien de 1988 et l’article 27 de la Charte canadienne des droits et libertés. La politique elle-même est gérée par le ministère du Patrimoine canadien.

Le 27 juin 2003, le Canada a célébré sa première Journée du multiculturalisme, occasion pour les Canadiens de s’imprégner de l’unicité de la mosaïque culturelle du pays, ainsi que des contributions des populations immigrantes et des communautés culturelles du Canada et de nos valeurs communes.

On peut dire que l’ouverture dont fait preuve le Canada a façonné la société en général et, plus tard, notre mode de vie. En immigrant ici, des gens de partout dans le monde ont fait du Canada leur chez-soi en espérant obtenir, si j’ose dire, les mêmes possibilités et privilèges que tous les Canadiens.

En tant que femme noire canado-trinidadienne issue d’une population immigrante, j’aimerais mettre en lumière la réalité, peu importe le caractère inapproprié du terme « multiculturalisme ». Au cours des dernières semaines, nous avons connu un autre réveil brutal : les événements actuels n’ont servi qu’à déconstruire la croyance voulant que le Canada est à l’abri du racisme. Cette croyance, alimentée par le sentiment que le Canada, contrairement aux États-Unis, a exercé une tolérance raciale, remonte au rôle du pays dans le chemin de fer clandestin et à sa qualité de refuge sûr pour les esclaves en fuite. Des « histoires » comme celles-là ont enflé la perception que le Canada a de lui-même et ont même contribué à l’image du Canada sur la scène mondiale. Cette perception et cette image ont procuré à ses habitants un faux sentiment de sécurité qui nie l’existence du racisme comme réalité tangible tandis que les Canadiens noirs font face à du racisme systémique sur tous les plans.

Le multiculturalisme ne nous a aucunement permis d’être un pays et une société immunisés contre la perversion d’une vie confrontée à l’inégalité et à l’injustice raciale. Rappelons-nous tous que nous ne sommes pas encore parvenus à une société réellement multiculturelle; il reste beaucoup de travail à faire.

La force du Canada réside dans sa diversité, et on ne saurait maintenant fermer les yeux et rater l’occasion d’éradiquer les politiques et les pratiques racistes inhérentes qui entachent les institutions et le paysage multiculturels du Canada tout en souillant la vision du Canada, soit celle d’une société qui valorise véritablement la diversité et la richesse ainsi que les contributions de tous ses citoyens.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner comment le multiculturalisme et l’inclusivité semblent être un objectif lointain, puisqu’ils demeurent des occasions perdues et insaisissables pour les premiers habitants de notre pays, dont les difficultés passées et présentes continuent d’être ignorées, méprisées et écartées.

Ces concepts devraient aller de soi pour tous ceux qui appellent cette patrie, que ce soit par un droit de naissance, par la naissance ou par l’immigration, leur chez-soi.    

En toute solidarité, je vous demande de vous lever, de prendre la parole, de devenir un allié et de vous ranger du côté de vos concitoyens qui continuent de vivre leur quotidien en souffrant de la pestilence du racisme et de la discrimination. Une société multiculturelle reflète le sens réel de l’inclusivité et ne le fait pas dans le seul but de célébrer la culture d’autrui ou d’y goûter. Cela nécessite l’engagement et l’attention de chacun. Les événements récents l’exigent.

Hayley Millington est la représentante nationale de l’équité pour les membres de minorités visibles du SEN.

Juin est le Mois national de l’histoire autochtone

Texte de Michael Freeman

En juin, le Canada célèbre le Mois national de l’histoire autochtone. Les peuples autochtones vivent et prospèrent depuis des milliers d’années sur le territoire qu’on appelle aujourd’hui l’Amérique du Nord. Bien sûr, certains essaient de remettre en question cette chronologie; mais notre histoire orale et nos connaissances traditionnelles constituent la seule preuve dont nous, les Autochtones, avons besoin.

Le Mois national de l’histoire autochtone est le moment de se souvenir, d’apprendre, de célébrer, de guérir, de grandir, de s’unir, de se réconcilier et d’espérer. C’est l’occasion pour les peuples partageant les mêmes valeurs de se rassembler. Dans l’unité, nous trouverons une nouvelle force.

D’un bout à l’autre du Canada, les peuples autochtones (expression qui désigne les Autochtones, les Métis et les Inuits) ont chacun leur propre histoire. Ce que chaque peuple a vécu et a connu est unique. L’histoire de ses peuples a été interrompue, embrouillée et à jamais altérée par l’arrivée des explorateurs et de tous ceux qui ont immigré sur leur terre. Cette coexistence difficile a été le fondement d’une relation fluctuante axée sur la confrontation dans les pires moments, sur la fierté et la célébration dans les meilleurs.

Vous pouvez explorer vous-même la riche histoire des peuples autochtones en faisant des recherches et en étudiant ce qui s’est passé. Assurez-vous de consulter autant des documents sur l’histoire que sur les traités, les politiques et la réconciliation. Il y a de nombreux auteurs autochtones modernes, et tout ce qu’ils ont écrit vous permettra de vous sentir connecté(e), de lire et d’apprendre pendant des semaines et des mois. Ne faites pas l’erreur de ne lire que des livres d’histoire écrits par des auteurs non autochtones; ce n’est pas ainsi que vous pourrez connaître l’histoire du point de vue des Autochtones.

La pandémie qui touche actuellement tous les aspects de notre société a entraîné le report ou l’annulation de bon nombre de rassemblements, de célébrations et de cérémonies en l’honneur et en reconnaissance de la riche histoire des peuples autochtones. La solution est donc de se tourner vers le monde virtuel et d’explorer les nombreux portails web accessibles.

Il est temps de nous défaire du racisme rampant dirigé au Canada contre les peuples autochtones. Vous devez faire partie de la solution, si ce n’est pas déjà fait : engagez-vous à comprendre la véritable relation entre les peuples autochtones et non autochtones et travaillez activement à l’améliorer. Vous devez voir plus loin que les cérémonies spectaculaires et les stéréotypes aveugles découlant de l’ignorance.

Faites preuve de curiosité et d’ouverture à l’apprentissage, à la connaissance et aux nouvelles idées. Et par-dessus tout, savourez l’expérience.

Michael Freeman est représentant national aux droits de la personne du Syndicat des employées et employés nationaux, membre de l’unité des négociations du groupe EB, président de la section locale 00128 du SEN et enseignant et rédacteur politique pour Services aux Autochtones Canada à la réserve des Six Nations, en Ontario.

L’AFPC-Prairies et le SEN exhortent le Musée canadien des droits de la personne à ne pas prolonger le mandat de M. Young à titre de PDG

Monsieur le Ministre,

Nous ne doutons pas que vous avez été mis au courant de la récente divulgation par d’anciennes employées d’anciens employés du Musée canadien des droits de la personne (MCDP) à Winnipeg qu’elles/ils ont été victimes de racisme et de harcèlement continus et systémiques lorsqu’elles/ils travaillaient dans cette institution.

En tant que syndicat représentant 160 membres employé.e.s au MCDP, cette révélation n’a été une surprise pour aucun.e d’entre nous. L’Exécutif syndical de notre section locale soulève la question de façon répétée depuis plusieurs années. Et récemment, parce que la direction n’a pas reconnu la situation ni pris de mesures, notre équipe de négociation a déposé une proposition de formation obligatoire de lutte contre le harcèlement et contre la discrimination pour tout le personnel. Preuve du refus de la direction de prendre cette affaire au sérieux, la proposition a été rejetée.

Récemment, en réponse à des reportages dans les médias, le PDG, John Young, a déclaré que le niveau de préoccupation exprimé sur les réseaux sociaux étonne de nombreuses personnes travaillant au Musée. Ce n’était aucunement une surprise pour la direction et en particulier le PDG.

La réponse de l’administration, savoir qu’elle ira à la rencontre du personnel et des bénévoles afin d’écouter leurs expériences et leurs préoccupations est, au mieux, une réponse faible qui ne montre pas que l’employeur prend position contre le racisme et le harcèlement dans un milieu de travail toxique.

Nous savons que le mandat de M. Young à titre de PDG viendra à échéance le 16 août 2020. Monsieur le ministre Guilbeault, pour le bien-être des employé.e.s et pour s’assurer que l’institution est en voie de restaurer sa crédibilité, nous vous exhortons à ne pas prolonger le mandat de M. Young à titre de PDG du MCDP.

Nous pouvons vous dire que les « discussions » avec le personnel à la suite des publications sur les médias sociaux n’étaient en aucune façon sincères, et le personnel ne pense absolument pas que l’équipe de gestion du MCDP, sous la direction de M. Young, comprenne le sérieux de la situation ou en soit consciente.

Le mandat officiel du MCDP est :

« […] d’explorer le thème des droits de la personne, en mettant un accent particulier sur le Canada, en vue d’accroître la compréhension du public à cet égard, de promouvoir le respect des autres et d’encourager la réflexion et le dialogue. »

Nos membres sont très dévoué.e.s et fier-ère.s de leur travail, mais estiment que ce qui se passe derrière des portes closes relève de l’hypocrisie par rapport au mandat. Malheureusement, au fil des ans, les employé.e.s ont choisi de partir tranquillement au lieu de s’exprimer publiquement afin de préserver l’intégrité de l’institution. Monsieur le Ministre Guilbeault, nous vous exhortons à ne pas prolonger le mandat de M. Young et à veiller à ce que tout candidat potentiel à une nomination à titre de président et chef de la direction ait les compétences requises pour que des mesures appropriées soient prises immédiatement afin que l’on puisse rétablir la confiance des employé.e.s et celle de la population canadienne.

Nous attendons votre réponse avec impatience.

Sincèrement,

Marianne Hladun
Vice-présidente exécutive régionale
Alliance de la fonction publique du Canada – Prairies

Kevin King
Président national
Syndicat des employées et employés nationaux

Exécutif de la section locale 50773 – AFPC

 

PDF icon Lettre à Ministre Guilbeault_MCDP (en anglais seulement)

Réflexions sur la Journée nationale des peuples autochtones

Par Lenora Maracle

Nous avons vu la réaction publique à l’injustice raciale et à la brutalité policière; nous devons reconnaître notre propre passé de colonialisme et les injustices qui ont eu lieu hier et qui ont lieu encore aujourd’hui. Des gens de toutes les collectivités du pays endurent une forme ou une autre de discrimination.

J’aimerais reconnaître toutes celles et ceux qui subissent les effets du racisme et toutes celles et ceux qui leur tendent la main. Nous sommes trop nombreuses et nombreux à éprouver de la souffrance et de la colère; les événements d’aujourd’hui ne peuvent laisser personne indifférent.

Je soutiens fermement les personnes noires, les Autochtones et les gens de couleur, la communauté LGBTQ2S+ ainsi que les personnes vivant avec un handicap ou toute forme de limitation. Je participerai à la lutte contre le racisme, l’oppression et la marginalisation.

Il a un an ce mois-ci était publié le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Nous honorons la mémoire des filles, des mères, des grand-mères, des tantes qui nous ont été enlevées, sans oublier les membres de la communauté LGBTQ2S+, et nous pensons aussi à celles et ceux qui restent, aux familles et aux collectivités dont la vie a irrémédiablement basculé.

La colonisation laisse sa marque sur les peuples autochtones, mais cette marque est souvent invisible aux yeux des Candiennes et Canadiens.

Il nous faut aujourd’hui expliquer tout cela à la société dans son ensemble, lui faire comprendre que les taux élevés de suicide et de toxicomanie découlent de traumatismes qui remontent à plusieurs générations déjà. Il faut aussi lui montrer que les langues, les cultures et les rituels autochtones existent encore, malgré ces traumatismes historiques.

Nous sommes un peuple résilient. La résilience, c’est cette force intérieure qui aide les gens à reprendre pied et à poursuivre leur chemin dans l’adversité. L’identité, les terres, la culture et l’histoire autochtones sont l’illustration même de la résilience.

La résilience est au cœur des collectivités autochtones.

Les Autochtones doivent se réapproprier leur culture traditionnelle, se définir de nouveau comme un peuple indissociable de son territoire et réaffirmer leur identité distincte. C’est cela, la décolonisation.

Nous devons aussi guérir de nos blessures. Pour cela, nous devrons apprendre à apprendre et entamer un voyage vers le bien-être, ce qui suppose de prendre soin de nous. Nous devons comprendre les forces de l’histoire qui ont façonné notre mode de vie actuel. Nous devons découvrir, nommer et transmettre le savoir, les valeurs et les modes de connaissance autochtones, tout en intégrant certaines façons de faire occidentales. Pour relever les défis de la société d’aujourd’hui, il nous faut appliquer et adapter le savoir, les valeurs et les modes de connaissance à la fois autochtones et occidentaux.

En langue mohawk, « Kanaronkwa » signifie « amour », c’est-à-dire un sentiment d’intense affection et de compassion pour autrui. C’est ce sentiment que j’éprouve pour mes frères et sœurs autochtones.

Onen

 

Lenora Maracle est représentante nationale de l’équité pour les peuples autochtones du SEN.